Sécurité au Sahel : Paris parraine le G5 à l’ONU

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En proie à une montée d’attaques terroristes depuis la crise libyenne, les pays de la zone sahélienne de l’Afrique regroupés au sein du G 5 sahel, tentent depuis, de réguler ce phénomène non seulement par des actions sécuritaires, mais aussi par des actes de sécuritisation. Ainsi, on assiste depuis à une logique de rencontres bilatérales et multilatérales dont les objectifs sont la mobilisation des ressources dans l’optique d’éradiquer ce phénomène de manière durable sur cette partie du continent.

Ainsi, depuis sa création, le G5 à travers ses premiers représentants que sont les chefs d’Etats, tente la stratégie d’implication des puissances mondiales, grandes actrices de cette lutte contre le terrorisme à l’échelle mondiale. En effet, une appropriation du problème sécuritaire de la zone sahélienne par ces grandes puissances faciliterait la tâche à ces pays dépourvus de moyens conséquents, par une mise en agenda des actions au niveau multilatéral. Cette raison justifie le choix de la France, historique partenaire sécuritaire de chacun de ces pays (dont l’opération Barkhane en est la dernière illustration), à s’ériger en tant que porte-voix de ces derniers auprès des autres pays membres permanents du conseil de sécurité de l’organisation des nations unies (ONU), et particulièrement les Etats-Unis d’Amérique. Premiers contributeurs financiers de l’organisation, les Etats-Unis s’opposent en effet à un financement de l’aspect logistique et financier des futures opérations militaires du G5 (une force conjointe formée de soldats des pays membres) dont les armées, mal équipées, mal formées et dépourvues de moyens financiers conséquents, peinent pourtant à tenir face aux multiples attaques terroristes.

L’objectif du président français Emmanuel MACRON dans cette entreprise, a été de pouvoir bénéficier du soutien américain pour une approche multilatérale de la sécurisation de la zone du Sahel. Cette approche qui devait permettre de mobiliser au moins 100 millions de dollars sur les 250 prévus pour le budget de la force conjointe n’a toutefois pas trouvé oreille attentive du côté américain. En effet, fidèle à sa stratégie multilatérale minimaliste depuis l’avènement de Donald TRUMP au pouvoir, les Etats-Unis d’Amérique, se sont montrés réticents pour une telle approche, proposant plutôt une aide bilatérale directe, mais moins conséquente pour un projet mal ficelé. Face à la difficulté du président français Emmanuel MACRON à mutualiser via l’ONU, le financement de la force conjointe, et dans la mesure où les pays membres peinent à boucler le budget de ladite force, il est à craindre que la région du Sahel aura sur le terrain, des difficultés matérielles à résoudre le problème de sécurisation de la zone dont les conséquences sont la montée en puissance des groupes terroristes, et l’immigration clandestine et ses dérives inhumaines.

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Publié dans Actualité africaine