Le Maroc et la Tunisie tapent à la porte de la CEDEAO

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Le constat d’échec de l’Union du Maghreb Arabe acté, la plupart des pays de l’Afrique du nord tendent à entreprendre une diplomatie stratégique en direction de la partie subsaharienne du continent africain. Ainsi le Maroc et la Tunisie qui s’activent-ils pour intégrer l’espace d’intégration de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest, CEDEAO.

Depuis sa réintégration dans l’Union Africaine, le Maroc s’active dans une diplomatie économique intense dans la zone CEDEAO. Les réformes initiées au sein de cet espace telles que la libre circulation des personnes et des biens, l’objectif de l’harmonisation fiscale, la monnaie unique prévue pour 2020, auxquelles s’ajoutent des atouts naturels que sont un marché à fort potentiel avec une population de Plus 320 millions d’habitants, un PIB supérieur à 700 milliards de Dollars, attirent les entreprises marocaines spécialisées dans le transport aérien, l’agriculture, la télécommunication, les banques, l’assurance… Ces dernières sont ainsi implantées dans la quasi-totalité des pays de l’espace CEDEAO. En retour, le Maroc, fort de ses accords de libre-échange avec l’Union Européenne, la Turquie, les Etats Unis, constitue un canal stratégique aux entreprises de la CEDEAO. Ce constat de partenariat gagnant-gagnant aura ainsi été à l’origine, le 04 juin dernier, de la décision de la CEDEAO de donner son accord de principe à l’adhésion du Maroc dans la communauté.

Cette stratégie de diplomatie transnationaliste marocaine est également entreprise par la Tunisie. En effet, étant, comme ce pays, en quête de débouchés pour ses entreprises dans la zone subsaharienne du continent, la Tunisie a entrepris une opération séduction envers les pays de l’Afrique noire en général dont ceux de l’espace CEDEAO et de la COMESA. Pour le cas de la CEDEAO, cette stratégie se décline dans les champs de l’économie (avec notamment les visites de son premier ministre Youssef CHAHED accompagné de 100 hommes d’affaires au Mali, au Niger et au Burkina Faso et les accords pour une augmentation des vols de Tunisair en direction de l’Afrique noire en général), de l’éducation, de l’agriculture, et de la diplomatie institutionnelle (facilitation dans l’octroi des visas). Enfin, elle a affirmé officiellement sa volonté d’intégrer l’espace CEDEAO, elle qui jusque-là, avait le statut d’observateur.

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Publié dans Actualité africaine