Le 30e sommet des chefs d’Etats de l’Union Africaine à la loupe

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Le 30e Sommet des Chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union Africaine (UA) s’est tenu du 28 au 29 janvier 2018 au siège de l’institution à Addis-Abeba, en Ethiopie.
Ce sommet ordinaire, a connu la participation des cinquante-cinq pays membres de l’Union. Des chefs d’Etat présents, certains en étaient à leur première rencontre. Il s’agissait des Présidents zimbabwéen Emmerson MNANGAGWA, libérien Georges WEAH et angolais Joäo LOURENCO. Le premier acte fort de ce sommet fut le passage de témoin à la présidence de l’Union.

Après une année de présidence, et conformément aux statuts de l’institution, le Président guinéen Alpha CONDE a transmis officiellement le flambeau au Président rwandais Paul KAGAME, élu en juillet 2017 par ses pairs pour succéder au président CONDE. Le Président Paul KAGAME, connu pour sa rigueur dans le travail et qui a su redresser l’économie de son pays complétement à plat après le génocide de 1994 à travers des réformes audacieuses, sera attendu sur la question de la reforme générale de l’institution panafricaine pour l’impulser une nouvelle dynamique sur l’autonomisation financière voulue de l’organisation.

Cette autonomie devant lui permettre d’être totalement indépendante et de pouvoir financer de véritables projets et programmes structurels sur le continent notamment les infrastructures, l’agriculture, l’éducation, la santé, la jeunesse… Pour être en phase avec le thème 2018 de l’Afrique « Gagner la lutte contre la corruption : un chemin durable vers la transformation de l’Afrique », Paul KAGAME a placé son mandat sous le signe de la lutte contre la corruption, de la promotion de la bonne gouvernance et de l’indépendance financière/politique de l’UA. L’année 2018 risque donc d’être une année charnière pour l’UA si elle veut arriver à ses fins, conformément à agenda 2063.

Le Sommet a également permis de présenter et d’entériner d’autres projets soumis aux chefs d’Etats africains. Il s’agit :
La création d’un marché unique du transport aérien : Ce projet vise à terme l’amélioration de la mobilité des africains sur leur continent. Son opérationnalisation permettrait de briser les entraves à la mobilité entre pays et régions du continent, et de baisser considérablement les coûts et durées de voyage, très exorbitants actuellement. Vingt-trois pays ont manifesté leur adhésion immédiate à ce projet. Il s’agit du Bénin, du Botswana, du Burkina Faso, du Cap Vert, de la République du Congo, de la Côte d’Ivoire, de l’Égypte, l’Éthiopie, le Gabon, le Ghana, la Guinée, Kenya, Liberia, Mali, Mozambique, Niger, Nigeria, Rwanda, Sierra Leone, Afrique du Sud, Swaziland, Togo et Zimbabwe.
Le projet de création d’une zone de libre-échange africain : le sommet a proposé qu’il soit rediscuté lors du prochain sommet extraordinaire prévu pour se tenir courant Mars 2018. Ce projet serait un véritable coup de pouce pour le développement économique du continent.
Plusieurs autres questions étaient également à l’ordre du jour de ce sommet des chefs d’Etats : la situation des migrants africains en Libye et de la question de la lutte contre le terrorisme sur le continent. Sur la question de la lutte contre le terrorisme, les pays membres du G5 SAHEL ont, tour à tour, appelé leurs pairs à soutenir cette force conjointe militaire de lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-sahélienne en proie à de nombreuses attaques terroristes. Ce trentième sommet a aussi permis le renouvellement des membres de certaines instances de l’organisation panafricaine, en l’occurrence le conseil de paix et de sécurité (CPS) renouvelé aux deux tiers. Le Maroc, deux après sa réintégration à l’Union Africaine, décroche un siège au détriment de son grand rival algérien qui n’a pas souhaité se représenter mais conserve le poste de commissaire pour la paix et la sécurité, qu’il occupe depuis sa création en 2001.

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Publié dans Actualité africaine