L’Allemagne nouveau partenaire sécuritaire de l’Afrique

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Apres l’arrivée de pays membres des BRICS (Inde, Chine, Brésil, Russie) dès le début du millénaire pour un partenariat Sud-Sud, l’Afrique a assisté à la venue sur ses terres, de pays du Nord intéressés dans le discours, par son développement comme le Japon. Dans cette catégorie, l’Allemagne a constitué le dernier partenaire à s’intéresser au continent africain. L’année 2016 aura incontestablement été celle de l’offensive allemande en Afrique. En effet, après sa visite en 2011 au Nigeria, en Angola et au Kenya, la chancelière allemande Angela Merkel s’est à nouveau rendue du 09 au 11 octobre au Mali, au Niger et en Ethiopie. Cette visite sur le continent sera suivie quelques jours plus tard de la réception à Berlin, des présidents tchadien et nigérian Idris Deby Itno et Muhammadu Buhari. L’intensification de la participation de l’Allemagne aux efforts de sécurisation du continent aura été à l’origine de ces initiatives du gouvernement allemand. Alors que la participation allemande se limitait, au début de la crise malienne, se limitait au renforcement des capacités de l’armée malienne dans le cadre de la mission européenne de formation de l’armée malienne (2013) et à une participation minimaliste (150 soldats) à la MINUSMA. Le contingent allemand à la MINUSMA sera revu à la hausse en 2016 lorsque le parlement allemand autorise le gouvernement la possibilité d’envoyer de jusqu’à 500 soldats supplémentaires. A cette décision s’ajoute celle de s’impliquer en tant qu’acteur directe dans la sécurisation de la zone sahélienne de l’Afrique. Si dans le discours, cet effort de l’Allemagne est vise pour ce pays à contribuer au développement de ces pays, il n’en demeure pas moins qu’il est dicté par des logiques de politique intérieure. Guidé par un élan humaniste, le gouvernement allemand avait décidé l’ouverture de ses frontières pour accueillir les immigrés en provenance pour la plupart victimes du conflit en Syrie. Cette action critiquée par les partis d’extrême droite a eu pour conséquence la montée d’un nationalisme renforcée par les agressions sexuelles contre 1200 femmes allemandes dans la nuit de la Sainte Sylvestre 2015 à Cologne, Hambourg Düsseldorf et Stuttgart. Une grande partie des agresseurs ont ainsi été identifiés parmi les populations d’immigrés, et la responsabilité du gouvernement Merkel pointée. Sur le plan politique, cela sera sanctionné par un revers de la CDU, le parti de la chancelière lors des élections régionales dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin, derrière le parti social-démocrate SPD, et le parti d’extrême droite. Les attaques terroristes auxquelles le pays a fait face durant l’année 2016, et dont les coupables sont présentés également comme étant issus de cette vague d’immigration subie, achèveront de convaincre le gouvernement allemand de la nécessité de lutter contre ce fléau en amont afin de garantir sa sécurité intérieure. Cette finalité justifie ainsi cette subite implication directe de l’Allemagne en Afrique en tant qu’acteur sécuritaire et partenaire du développement des pays d’origine et/ou de transit des migrants (Mali, Niger Tunisie, Libye, Soudan du Sud, Ethiopie)

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Publié dans Actualité africaine