LA REMARQUABLE ANNEE DIPLOMATIQUE 2017 DU MAROC

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Depuis plusieurs années, le Maroc, sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, s’est investi dans l’espace diplomatique du continent africain grâce à une stratégie multidimensionnelle dont dernière illustration aura été sa réintégration au sein de l’Union Africaine en janvier 2017. Tous les champs de la diplomatie sont concernés : coopération militaire, santé, éducation et formation professionnelle, économie, environnement et développement durable, sport et loisirs, tourisme, culture et religion etc.

En annonçant, le 13 octobre 2017, lors de son traditionnel discours annuel sur la politique du Royaume devant le Parlement marocain, la création d’un ministère des affaires africaines qui sera directement sous sa tutelle, le Roi démontre là, cette volonté de rapprochement avec les pays africains. A l’instar des dernières années et sur un modèle de coopération sud-sud, le Maroc, en 2017, a été très actif sur le continent africain.
Le Roi Mohammed VI a ainsi multiplié des séjours de travail et d’amitié au Soudan du sud, au Ghana, en Zambie, en Guinée et en Côte d’ Ivoire. L’investissement marocain ne se limitait seulement au domaine du développement, mais aussi dans la diplomatie publique. Face à la crise de migrants en Lybie, Le Maroc a ainsi pris en charge, une partie des questions logistiques pour le rapatriement des migrants sub-sahariens, coincés en Lybie et subissant toutes les pires formes de violations et mutilations, vers leur pays d’origine en mettant à la disposition des Etats des aéronefs.

Pour 2017, trois domaines de coopération ont particulièrement été mis à contribution. Il s’agit des champs sportif, du financement pour la construction d’infrastructures sociales, et celui de l’environnement et du développement durable.
Dans le volet des infrastructures sociales, grâce à la fondation Mohammed VI, le royaume chérifien a pu réaliser de nombreux projets dans la plupart des pays visités en 2017. Ainsi, en Côte d’ivoire, le Maroc a offert un complexe de formation professionnelle dans les métiers du bâtiment et des travaux pratiques (BTP) et du tourisme (Travaux de construction entamés depuis juin 2015) ; le lancement des travaux de construction d’un centre de formation en médecine d’urgence à Abidjan. On peut aussi citer le financement pour la construction d’une grande mosquée à Abidjan, fenêtre ouverte à la coopération religieuse. En Guinée Conakry, le Maroc a financé la construction d’un grand complexe de formation professionnelle à Conakry ainsi que la construction d’une grande mosquée de prière. Au Soudan du Sud, pays en proie à une guerre civilo-militaire depuis son accession à l’indépendance en 2011, Le Maroc a mis en place un hôpital de campagne des forces armées royales déployé dans le cadre d’une mission humanitaire au profit des populations de ce pays.

Le Roi, lors de son séjour, en a saisi l’occasion pour remettre d’importants lots de médicaments et d’équipement médicaux au profit de l’hôpital principal de Juba.
Dans le champ de la diplomatie sportive, le Maroc a aussi été très dynamique durant 2017. La politique d’ouverture de la fédération marocaine de football envers les fédérations africaines de football s’inscrit en droite ligne de la politique étrangère du Royaume. Ainsi, la fédération marocaine de football a conclu de nombreux accords avec les fédérations sœurs du Burkina Faso, du Togo, du Soudan, des Comores, du Gabon, de la République Centrafricaine, du Bénin, de Djibouti, de la Guinée-Bissau et du Mali. Ces accords, à quelques différences près, portent tous sur des soutiens multiformes portant sur l’accompagnement des sélections nationales, l’organisation de matchs amicaux, la formation de techniciens et des arbitres, la construction d’infrastructures sportives et sur la possibilité de profiter des infrastructures sportives marocaines pour les équipes dans le cadre de préparations de matchs. Le sport power du Maroc s’illustre aussi par sa volonté d’organiser la coupe du monde 2026 face à des concurrents sérieux comme la candidature unique des Etats-Unis- le Canada- Mexique, on peut imaginer que les voix des pays amis africains du Maroc (et du monde arabe) seront très décisives lorsque le vote interviendra.

Dans le champ environnement et développement durable, l’action du Maroc été remarquable durant l’année 2017. Très orienté sur la protection de l’environnement dans sa globalité, le Maroc a entrepris de nombreuses actions visant à fonder son développement économique actuel sur le respect de l’environnement.
L’organisation de la COP 22 en novembre 2016 à Marrakech démontre sur le plan mondial, cette orientation du Royaume. Sur le continent africain, le royaume a financé plusieurs projets de construction d’infrastructures visant la protection et la préservation de l’environnement. En Côte d’ivoire, le Maroc a financé la construction de deux points de débarquements à Abidjan sur la lagune qui vise une meilleure gestion des berges de la lagune en luttant contre sa pollution ; la construction du projet de sauvegarde et de valorisation de la baie de Cocody toujours sur la lagune.

En Guinée, on compte le financement du projet de remise à niveau de la ville de Conakry pour lutter contre l’insalubrité et améliorer la voirie mais et surtout le cadre de vie des populations, éprouvées entre 2014 et 2016 par la maladie Ebola.
On peut citer aussi la construction d’un point de débarquement aménagé à Conakry afin de protéger les eaux contre la pollution.
Quelle analyse faire de ce soft power marocain sur le continent africain au cours de l’année 2017 ?

Sans doute l’ambition, pour le Roi, de hisser son royaume au rang de pays locomotive du continent africain dans le champ multilatéral. Les probables réformes envisagées à l’ONU sur la possibilité de faire entrer un pays africain au conseil de sécurité en qualité de membre permanent, semblent justifier la finalité de cette stratégie marocaine sur le continent africain.

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Publié dans Actualité africaine