31ème sommet de L’union Africaine: Nouakchott sommet de la rupture ?

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Le 31e sommet des chefs d’Etats de l’Union Africaine s’est tenu du 1er au 2 juillet à Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Il a réuni autour des tables de négociation, 38 chefs d’Etats sur les grandes questions de la gouvernance régionale africaine.
En plus de la traditionnelle question de la résolution des crises et conflits sur le continent qui a, une fois de plus, occupé les chefs d’Etats et de gouvernements (le conflit du Sahara occidental qui oppose la République Arabe Sahraouie, Lybie notamment), figuraient à l’ordre du jour, les questions de la réforme de l’organisation, les migrations et les questions économiques (création d’une zone de libre-échange, monnaie unique.

Sur la question de la paix et sécurité, le dossier du Sahara occidental est ce qui aura retenu l’attention des chefs d’Etats, depuis le retour du Maroc. En effet, l’Union Africaine, tradition de subsidiarité oblige, constitue l’organisation légitime de base sur laquelle devra s’appuyer l’organisation des nations unies (ONU).

Dans sa déclaration fruit d’un compromis à l’issue d’une longue réunion entre chefs d’Etats, l’Union décide de la création d’un « mécanisme africain » qui aura pour prérogative de créer les conditions idoines permettant à l’ONU, de pouvoir entamer une médiation entre les deux protagonistes que sont le Maroc et la RASD. Ce comité sera composé de quatre chefs d’Etats, plus le président de la commission Moussa FAKI Mahamat.

La question d’une réforme de l’institution, discourue par le président en exercice Paul KAGAME aura aussi été le principal enjeu de ce sommet. En effet, celui-ci, lors du précèdent sommet avait fait des propositions fortes pour une Union Africaine plus opérationnelle, proposition qui avait déjà eu la caution de plusieurs chefs d’Etats et de gouvernements. Nouakchott qui devait constituer le sommet de consolidation des propositions du président KAGAME aura ainsi répondu aux attentes.

Ainsi, d’une part, l’idée d’un seul sommet des chefs d’Etats l’année fut adoptée. Cela met fin aux sommets de juillet, remplacés par une rencontre de ministres des affaires étrangères et ceux chargés de l’économie. D’autre part, l’idée de la création d’une agence de développement de l’Union Africaine a, elle aussi été actée. Cette agence remplace le NEPAD qui aura montré ses limites depuis son lancement au début du millénaire.

En plus des questions structurelles, le sommet a aussi été l’occasion aux chefs d’Etats et de gouvernements, de s’intéresser aux propositions du sommet de Kigali dans le champ économique. Il s’agit de l’idée de la création d’une zone africaine de libre-échange. Cette idée du président rwandais a pour objectif de booster la croissance économique du continent par la suppression des obstacles que sont les taxes douanières.

A ce jour, seuls six pays ont ratifié cette proposition, ce qui ne désespère pas le président rwandais qui espère sa ratification par tous les pays pour son entrée en vigueur au cours de l’année 2019.
Enfin, la question des migrations a également été à l’ordre du jour de ce sommet. Choquée par les images des reporters de la chaine de télévision américaine CNN qui avait mis à jour des réseaux esclavagistes sévissant en Lybie contre des candidats subsahariens à l’exil occidental, l’Union Africaine avait, depuis mis la question des migrations à son agenda avec l’idée de dresser des mesures fortes pour réduire, voire anéantir ce phénomène. L’une des solutions retenue lors de ce sommet de Nouakchott est d’intensifier les actions sur la protection des réfugiés sur le continent.

Dans cette optique, l’observatoire africain des migrations et du développement a été créé avec pour objectif de permettre une harmonisation des traitements des refugiés. De même, le sommet de 2019 sera consacré en grande partie à cette problématique à travers le thème, « l’Année des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées internes: vers des solutions durables aux personnes déplacées en Afrique ».
Traditionnellement, les sommets de l’organisation de la gouvernance régionale africaine ont souffert d’un manque de volonté politique de mettre à exécution, les mesures issues des sommets. Ce sommet de Nouakchott a été un lieu de rupture, dans le discours, de cette hypocrisie de nos gouvernants, qui minent l’intégration des populations africaines. On peut donc espérer, après ces discours forts, que cette rupture soit effective sur le terrain.

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Publié dans Actualité africaine